lundi 11 janvier 2016

Brexit : Cameron parviendra-t-il à vaincre l'euroscepticisme britannique ?


FIGAROVOX/TRIBUNE - David Cameron parcourt l'Europe en quête de soutien aux réformes de l'UE avant le référendum sur le Brexit. Pour Alexis Feertchak, l'euroscepticisme britannique s'ancre dans un refus radical de toute perspective fédérale et refuse la primauté du droit européen sur le droit national.

Depuis leur entrée dans la Communauté économique européenne (CEE) en 1973, les Britanniques ont toujours veillé à garder un pied en dedans et un pied en dehors de l'Union, animés par une méfiance insulaire face à la perspective d'une intégration politique toujours plus poussée entre les Etats membres du continent. Ils vivent ainsi leur appartenance européenne sur le mode du paradoxe de Groucho Marx: «Je n'accepterais jamais d'entrer dans un club qui m'accepterait comme membre». Cette méfiance britannique marquera l'année 2016 comme la colère grecque a soufflé sur l'Europe en 2015. A la perspective d'un Grexit succède celle du Brexit.
Si la plupart des sondeurs ont accordé jusqu'à maintenant une légère avance au camp des europhiles, le sondage publié jeudi par l'institut Orb révèle la forte progression des partisans du Brexit: 54% des électeurs ayant arrêté leur choix sont désormais favorables à cette dernière hypothèse. Reste à déterminer si les 21% d'indécis choisiront in fine le continent ou l'océan.
Les instituts de sondage, pris en défaut lors de la réélection de David Cameron en 2015, n'auront pas la tâche facile pour ce référendum qui, d'après les journaux britanniques, pourrait se tenir dès juin 2016 et non en 2017. L'évolution du «in» et du «out» dépendra des négociations pour lesquelles David Cameron entend batailler fermement avec ses partenaires européens. Mais inversement, la marge de manœuvre du Premier ministre britannique dépendra de la pression de son opinion publique, notamment du camp conservateur, où l'euroscepticisme gagne du terrain. C'est pour ménager les partisans du Brexit que David Cameron a annoncé mercredi que les ministres de son gouvernement ne seront pas liés par le principe de solidarité gouvernementale, mais seront libres de soutenir le camp qu'ils souhaiteront lors de la campagne.
En rendant visite à la chancelière Angela Merkel puis au Premier ministre hongrois Viktor Orban, il semblerait bien que le Premier ministre britannique ait gagné du terrain, y compris sur la plus épineuse de ses revendications, relative à l'aide sociale versée aux étrangers européens.
Le plus difficile reste à faire pour l'europhile David Cameron: obtenir de ses partenaires européens des concessions suffisamment larges pour qu'il puisse, lors du vote, appeler au maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union. En rendant visite à la chancelière Angela Merkel puis au Premier ministre hongrois Viktor Orban, il semblerait bien que le Premier ministre britannique ait gagné du terrain, y compris sur la plus épineuse de ses revendications, relative à l'aide sociale versée aux étrangers européens.
En novembre dernier, David Cameron a ouvert le bal devant le Conseil européen en définissant quatre axes de négociation. Le premier point concerne la réduction de la bureaucratie et des règlementations européennes pour que le continent gagne en productivité. Le deuxième point est déjà plus structurel: les Britanniques se méfient d'une Europe à deux vitesses au sein de laquelle la zone euro étendrait son influence aux pays qui n'en font pas partie. David Cameron entend donc obtenir des garanties, à l'endroit notamment de l'union bancaire qui viendrait consolider l'union monétaire qu'est l'eurozone. Le troisième point, qui suscite une vive protestation des pays d'Europe de l'Est, vise à réduire l'afflux d'étrangers européens sur le territoire britannique en ne versant les différents dispositifs d'aide sociale qu'après quatre ans de résidence. Cette proposition se heurte au principe fondamental de libre circulation et nécessiterait une réécriture des traités européens, contre laquelle le Président François Hollande s'est élevée immédiatement. Le quatrième point est peut-être le plus politique: David Cameron souhaite redonner du poids aux parlements nationaux face au droit européen et écarter la perspective d'une intégration institutionnelle toujours plus poussée. Au nom de la «souveraineté», il souhaiterait dispenser le Royaume-Uni de l'objectif d' «une union toujours plus étroite entre les peuples», inscrit dans le préambule du traité de Rome de 1957.
Le contexte migratoire en Allemagne est une aubaine pour David Cameron qui cherche ainsi à gagner le soutien de la chancelière. Le débat sur l'aide sociale aux étrangers européens, déjà vif outre-Manche depuis plusieurs années, a fait son apparition outre-Rhin et plusieurs partis de la coalition se rangent peu ou prou du côté britannique. Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a par exemple déclaré mercredi: «En soi, je trouve que l'immigration est une bonne nouvelle. Ce qui n'est pas souhaitable, c'est l'immigration venant d'Union européenne dans notre système social». Même la gauche allemande semble converger dans cette direction. Le problème de la réécriture des traités demeure un point de divergence entre Berlin et Londres: les Allemands semblent enclins à se fonder sur l'arrêt du 15 septembre de la Cour de justice de l'Union européenne qui juge qu'un délai d'un an de résidence et de travail pour qu'un étranger européen puisse percevoir les aides sociales de son pays d'accueil est conforme au droit européen. Mais avec un délai de quatre ans, David Cameron demande davantage et se heurte à la virulence des pays d'Europe de l'Est, notamment de la Pologne.
L'euroscepticisme britannique est en effet beaucoup plus substantiel : il s'ancre politiquement dans un refus radical de toute perspective fédérale et remet en question régulièrement la primauté du droit européen sur le droit national.
Reste à déterminer si d'éventuelles concessions européennes sur la question migratoire et sociale, qui agite médiatiquement le Royaume-Uni et fonde le succès du parti europhobe UKIP, seront suffisantes pour esquiver le débat plus fondamental encore de la souveraineté nationale et de l'intégration politique de l'Union européenne, qui fait l'objet du quatrième axe des revendications de David Cameron. En effet, le débat outre-Manche ne se limite pas à la seule question économique de l'équilibre entre d'un côté l'appauvrissement possible en cas de Brexit, notamment commercial et financier, et de l'autre le coût que le Royaume-Uni consent à payer pour rester au sein de l'Union, suivant la formule thatchérienne du «I want my money back». L'euroscepticisme britannique est en effet beaucoup plus substantiel: il s'ancre politiquement dans un refus radical de toute perspective fédérale et remet en question régulièrement la primauté du droit européen sur le droit national.
Lors, au-delà de la polémique migratoire sur la libre circulation, les négociations pour éviter un éventuel Brexit sont prises dans le piège de la possible réversibilité du processus européen. Si David Cameron obtenait des concessions, mêmes symboliques, concernant la souveraineté du Royaume-Uni, le processus d'intégration politique de l'Union européenne recevrait un coup terrible: d'autres pays tentés par l'euroscepticisme pourraient préférer à leur tour cette Europe à la carte et rejeter l'idée fondatrice que les Etats-Unis d'Europe sont à terme (même s'il est lointain) le destin commun et l'horizon régulateur du continent. A l'inverse, si de telles concessions n'étaient pas consenties et que le vote britannique entérinait un Brexit, l'année 2016 pourrait signifier pour la première fois depuis 1957 - si l'on écarte le cas anecdotique du Groenland - qu'il est possible de quitter le processus d'intégration communautaire.
La seule perspective d'un Brexit, qu'il se réalise ou non, affaiblit un projet européen tombé depuis bien longtemps en panne d'imagination et qui, depuis les «non» français et hollandais de 2005 au Traité établissant une Constitution pour l'Europe, plus encore depuis la crise grecque de 2015, ne sait exister que sur la défensive.

jeudi 7 janvier 2016

PIXMANIA en grande difficulté :  

Le site de vente en ligne ne parvient pas à relever la tête. Actuellement placé en procédure de sauvegarde, Pixmania devrait se déclarer en cessation de paiement.

La fin de parcours semble proche pour Pixmania. La plateforme de vente en ligne est depuis plusieurs mois placée en sauvegarde judiciaire. Ce régime lui permet de se mettre à l'abri de ses créanciers mais également de mieux évaluer ses dettes. Pour autant, ce passage ne signifie pas que la société va mieux.

Selon Le Figaro, la situation s'est même aggravée. Pixmania ne sera à l'avenir plus en mesure d'assurer les rémunérations de ses 430 collaborateurs (dont 320 en France). La société devrait se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours afin d'être placée en redressement judiciaire.

Face à l'armada Amazon ou à la concurrence menée par CDiscount, la plateforme a tenté de se trouver un nouveau modèle en optant pour la place de marché. Elle a donc ouvert son site à des vendeurs tiers, sans toutefois obtenir de rebond suffisant pour son activité. Autre élément à sa charge, Pixmania totalise toujours une perte de 20 millions d'euros qu'il doit combler.


Pixmania, le pionnier déchu de la tentative du commerce physique

La société recherche à présent un repreneur capable de faire l'acquisition de l'ensemble de ses actifs et sauvegarder une partie des emplois. C'est désormais au tribunal de commerce de Nanterre d'étudier les éventuelles offres de rachat.